Dossier · Méthodologie de la recherche

La recherche qualitative en psychologie et en psychanalyse

Il est courant de voir associer la recherche scientifique, et plus généralement le processus de production des connaissances, presque exclusivement à un modèle précis, celui des méthodes quantitatives. Mais ce « postpositivisme » qui mesure, quantifie, étudie des variables et tend à la découverte d’une vérité objective exemptée des biais liés à la présence du chercheur ne définit pas à lui seul ce qu’est une recherche, ce que doit être la connaissance. Ce blog propose de se focaliser sur le champ des méthodes qualitatives, notamment dans leurs déclinaisons non positivistes.

Au-delà du postpositivisme

Concevoir la recherche autrement

Certaines approches reproduisent, avec des données qualitatives, les procédures spécifiques aux approches quantitatives. Nous nous intéresserons ici seulement aux méthodes qualitatives qui s’émancipent, dans leur conception du monde (ontologie), de la connaissance (épistémologie) et de leurs valeurs (axiologie), du modèle pospositiviste.

Le paradigme dit « Big Q » désigne ce champ de recherche, qui assume la dimension subjective, interprétative, construite de la production du savoir ; l’influence du chercheur, de ses valeurs, de ses propres perspectives ; la valeur contextuelle, située historiquement et culturellement de la connaissance.

Loin de s’affranchir de toutes règles, cette approche s’appuie sur des critères de validité qui lui sont propres, eu égard à un impératif de congruence lié à l’incommensurabilité des paradigmes de recherche.


Un cadre pour la psychanalyse

Structurer la recherche en psychanalyse

Mon approche de la recherche est nécessairement marquée par les inscriptions théoriques qui influencent ma pratique. En l’occurrence, il s’agit d’un ancrage dans la psychologie d’orientation psychanalytique-psychodynamique.

La psychanalyse est souvent tenue à l’écart du monde scientifique. Parfois par les autres disciplines, parfois par les psychanalystes eux-mêmes, soucieux de préserver la spécificité de leur pratique face à des procédures d’évaluation qui l’abrasent. Or elle partage avec le champ des Big-Q des fondations épistémologiques communes.

Le réalisme critique de Bhaskar, le constructivisme contextuel décrit par Madill, Jordan et Shirley (2000), la tradition herméneutique : autant de positions qui reconnaissent la valeur de l’interprétation, l’implication du chercheur dans son objet, et qui, comme la psychanalyse, tournent leur intérêt en direction de la subjectivité sans sacrifier l’exigence de la démarche scientifique. De surcroit, ces approches, quand elles sont mobilisées dans le champ qualitatif, jouissent aujourd’hui d’une certaine reconnaissance sur le plan institutionnel (Guba et al., 1994 ; Levitt et al., 2018).


À qui s’adresse ce dossier

Des ressources pour chercheurs, cliniciens et étudiants

Cet axe du blog s’adresse à un public assez large.

Aux chercheurs qualitativistes, qui y trouveront un panorama structuré autour des fondements de la recherche.

Aux chercheurs psychologues d’orientation psychanalytique, pour qui ces cadres offrent des appuis concrets : structurer une recherche, ou publier dans des revues plus généralistes, souvent réticentes au jargon de la discipline.

Aux étudiants, enfin, qui pourront y acquérir les rudiments de la recherche qualitative, mais aussi les repères pour une réflexion sur les choix métathéoriques qui guident les procédures, souvent appliquées de manière mécanique, et rarement enseignés dans les cursus de psychologie francophones.


Le fil du dossier

Les articles

Les articles ci-dessous approfondissent cette réflexion.